Pour un
roman-photo "palpitant", celui de Dédé, régisseur du Mac/Val, Musée d’art contemporain du Val-de-Marne à Vitry-sur-Seine, dans l’excellente revue d’art pour enfant Dada (Éd. Mango, N°138, 7,50 €). Ou comment expliquer aux enfants de façon ludique et passionnée l’activité d’un lieu d’art contemporain à travers la vie quotidienne de ceux qui y travaillent. Un bel hommage rendu à un homme de l’ombre grâce auquel les œuvres trouvent tout leur éclat !
(Au Frac Haute-Normandie, notre Dédé s’appelle Pascal, et cela fait exactement 20 ans qu’il s’active dans toute la région pour vous offrir des expositions curieuses et surprenantes. Souhaitez-lui bon anniversaire si vous le croisez !)
2 questions Bernard Plossu, un des 2 regards photographiques, avec Fabrice Dubreuil, du livre "Entre_vues"(Éd. Filigranes) publié à l’occasion du 10e anniversaire de l’installation du Frac Haute-Normandie dans le Bâtiment Trafic à Sotteville-lès-Rouen
Quel regard portez-vous sur la Normandie, Rouen, où vous êtes venu plusieurs fois à l’invitation du Frac Haute-Normandie ou de l’École des Beaux-Arts de Rouen ?
Mon regard sur Rouen, c’est le regard de quelqu’un qui est parti toute sa vie, loin, "aux Amériques", chez les Indiens Hopis, en terre d’Arizona les Lacandons, en terre Maya, dans la jungle, dans le désert ! Le retour en Vieille-Europe est, du coup, fascinant… Alors Rouen, et tout ce qui est sans doute banal pour ses habitants – la cathédrale, les ruelles, les maisons en bois, les tableaux classiques du musée, la pluie diluvienne un jour en courant –, tout cela m’a parlé, comme une redécouverte culturelle. Le Moyen-Âge aussi fort et intense que les Indiens !
Ma passion : toujours aller là ou les routes s’arrêtent sur les cartes, là ou il n’y a plus rien ! Là, tout commence et tout est possible… Calmes paysages aussi, rues en villes aussi, visages me regardant ou pas aussi… Tout est transition dans la vie, et encore plus dans la photo ; jusqu’à… la suivante !
Et dans chaque situation, chaque ville, quelque chose d’unique, d’exceptionnel. En photo, tous les lieux sont visuellement attirants. Et, comme j’ai toujours mon appareil et mon objectif fétiche de 50mm, quand il y a une bonne photo à faire, je suis toujours prêt ! Photographier est un besoin, un besoin de voir, d’apprendre à regarder, un besoin de comprendre et de partager ensuite…
Et en ce qui concerne le bâtiment du Frac Haute-Normandie, en particulier ?
Il m’a fasciné par ses proportions, ses grands espaces ouverts. Je garde un souvenir ému de toutes mes petites photos 18x24 en ligne : on est en plein dans le mille, pas dans la décoration ! Le bâtiment Trafic a ce coté que j’aime des lieux qui servent au transit, un coté "gare", sans chichis, brut… Du coup, les œuvres au mur n’en ont que plus de force !
Les vernissages du Frac, je les ai vus comme des jeux d’ombres, très graphiques, très contrastés : du très blanc et du très noir. Ça bouge, les gens passent, la vitesse est lente – 1/15 de seconde –, ça tremble, ça vit… Un vernissage est si plein de vie ! Malgré tout, une galerie vide est, pour moi, tout aussi fascinante formellement…
Mais c’est aussi l’occasion de rencontrer quelqu’un, de voir un "nouvel" auteur – comme Fabrice Dubreuil –, ou de découvrir les expressions de quelqu’un que l’on ne connaît que de nom, ou par le son de sa voix ! L’âme se révèle souvent dans les visages ; encore que cela dépend chaque jour de ce que l’on a vécu auparavant…
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