À l’heure où l’on célèbre le cinquantenaire du Ministère de la Culture, il nous faut rendre hommage à ceux qui ont tant œuvré pour la démocratisation artistique. Pierre Bazin, disparu l’an dernier, fut l’un d’entre eux. Et, depuis le Château-Musée de Dieppe, il n’aura eu de cesse que d’ouvrir des perspectives afin que la création puisse être partagée par tous. Pierre Ickowicz, son successeur, en témoigne aujourd’hui. Nos relations avec le pays dieppois demeurent aussi vivaces. Rendez-vous doit être ainsi pris en avril, au Musée de Saint-Nicolas d’Aliermont, pour l’exposition que présente le Frac, dans le cadre du Mois de l’image de Dieppe, autour de la Mythologie.

Newsletter n°4 / Mars-Avril 2009

DOMINIQUE PETITGAND la tête la première
Petitgand
du 28 mars au 10 mai 2009
Installation sonore pour 10 haut-parleurs.

  • La rencontre avec Dominique Petitgand le samedi 28 mars à 14h00 au Frac Haute-Normandie.
  • De vous promener en réservant vos places dans le bus-découverte qui vous emmènera visiter l'exposition "Mythologies" à Saint-Nicolas-d'Aliermont le samedi 18 avril 2009.
  • plossu

     

    Un album de famille est toujours rempli d’émotions et de souvenirs, celui du photographe français Bernard Plossu l’est plus qu’aucun autre. Mais quand il nous dévoile, dans le livre "Avant l’âge de raison", les plus belles images qu’il a prises de ses enfants, c’est moins son espace privé qu'il rend tout à coup public qu’une ode sensible et délicate qu’il rend à l’enfance, à toutes les enfances. À chaque page s’inventent ainsi ces mondes enchantés et mystérieux que se construisent les enfants pour eux-mêmes, et qu’accompagnent leurs mots saisis au fil du temps comme : "Je veux prendre mon ombre, papa", ou "L'église, elle croit qu'elle touche le ciel !". Quelque chose de la grâce est ici atteint à travers le regard inégalable de Bernard Plossu dès qu’il s’agit de parler de la vie comme de l’humain.

    "Avant l’âge de raison", photographies de Bernard Plossu, texte de William Lord Coleman, Filigranes Éditions, avec le soutien de Neuflize Vie.

     

    Ickowicz

     

    Trois questions à Pierre Ickowicz, Conservateur-en-Chef du Château-Musée de Dieppe.

    Comment et pourquoi êtes-vous devenu conservateur du Château-Musée de Dieppe ?
    Ce métier m’a été révélé par Pierre Bazin, mon prédécesseur, qui vient hélas de nous quitter. Alors étudiant en histoire de l’art et d’archéologie à la Sorbonne, j’y ai découvert et développé, par le contact direct, une intimité intellectuelle et artistique déterminante avec les oeuvres. Cette proximité m’a décidé à m’orienter dans la voie des Musées plutôt que dans celle de l’archéologie, et donc à passer les concours des musées classés et contrôlés par le Ministère de la Culture, ouvrant sur la formation de l’École du Patrimoine (devenue aujourd’hui Institut national du Patrimoine).
    Ayant rédigé une maîtrise d’archéologie sur une de ses collections, j’ai eu donc l’occasion de bien connaître la nature et le fonctionnement du Château-Musée, dont la richesse patrimoniale et la force évocatrice m’avaient dès le départ enthousiasmé. Ce lieu est ainsi devenu pour moi un objectif de carrière, objectif atteint plus tôt que prévu, en 1997, après six années passées au Musée Buffon de Montbard.

    La personnalité de Pierre Bazin est essentielle dans l’histoire du Musée, comment poursuit-on ce qu’il a 
inauguré ?

    Pierre Bazin a dirigé le Château-Musée de Dieppe pendant 31 ans, à un an près le plus long mandat, et il a indubitablement marqué la profession des conservateurs. Il a ainsi été un des premiers à exposer ce que les productions humaines, intellectuelles, artistiques, ethnographiques ou manufacturières pouvaient nous dire de l’Histoire et de l’Humanité ; à construire, au sein de ses expositions, des regards croisés d’une grande acuité. Et cela, selon des angles de vue ou des thèmes toujours riches et singuliers comme "La jambe" à travers ses figures et sa symbolique ; les représentations innombrables de l’éléphant dans l’art ; la production industrielle et la société de consommation ; etc. Ce qui prouve l’extrême curiosité et la très grande ouverture d’esprit de cet homme d’une haute culture. Ses relations nombreuses dans le monde de l’art, comme sa sensibilité d’artiste, n’y sont pas pour rien.
    Il a par ailleurs enrichi nos collections de nombreuses œuvres d’artistes contemporains qu’il avait invité à exposer au Musée dès 1966, période où les Frac n’existaient pas encore. À la création de celui de Haute-Normandie – à laquelle il a participé en tant qu’Administrateur, puis Membre d’Honneur –, expositions et acquisitions contemporaines n’ont pas faibli pour autant. Au sein de la collection, la création des années 1970-1990 y est non seulement loin d’être négligeable mais présente des parallèles étonnants avec celle du Frac, ce qu’une exposition du Musée a montré en 2008, constituant ainsi un hommage rendu aux actions de Pierre Bazin. Cela a donné également l’occasion de faire le point sur le dépôt d’œuvres de la collection du Frac Haute-Normandie au Château-Musée de Dieppe.
    Depuis mon arrivée, ce regard sur l’art d’aujourd’hui a été toujours maintenu, et s’est même ouvert sur des disciplines encore mal représentées comme la photographie, ou a accordé une place privilégiée à la sculpture, dans le cadre entre autres de nos collaborations avec l’Angleterre (Anthony Caro, Henry Moore,…) ; les espaces extérieurs du Château-Musée offrant un cadre unique et merveilleux aux sculptures, tout à la fois ouvert sur la ville et sur la mer.

    Quelles relations justement avez-vous avec cette ville de Dieppe et son tissu culturel ?
    De par sa situation et son histoire, le Château-Musée a une relation particulière avec le tissu urbain dieppois. À l’instar d’un élément du paysage devenu symbole identitaire, il se présente comme l’îlot patrimonial et artistique du cœur de ville. Ce qui est plutôt flatteur pour un Musée. Plus simplement, il peut être considéré comme un magnifique observatoire de la cité.
    Le Musée entretient des rapports multiples et réguliers avec l’ensemble des structures culturelles dieppoises, et cela à travers des collaborations variées : médiathèque autour des projets de recherches historiques ou des projets pédagogiques ; conservatoire avec l’organisation des concerts au musée, Saint-Saëns plus particulièrement ; l’association Dieppe Ville d’Art et d’Histoire, pour les visites-conférences et le développement du service des publics ; Dieppe Scène Nationale autour des projets d’expositions ou de spectacles de danse au Musée ; et enfin, la Maison des Jeunes et de la Culture autour de l’art contemporain, en particulier lors du Mois de l’Image.

     


    John Davies
    Pont-Audemer - Musée Alfred-Canel
    "The serpentine course"
    Du 24 janvier au 13 avril

    Prêt de 8 photos de John Davies et de 2 photos d'Andrea Keen.
    petrovitch
    Dieppe - DSN
    Festival VISU
    Du 6 mars au 2 avril

    Prêt des dessins de Saïd Atek et de Françoise Pétrovitch.
    Claude Closky
    Lyon - Musée d'Art Contemporain
    "N'importe quoi"
    Du 12 février au 19 avril

    Prêt de l'oeuvre "Objets en lévitation" de Claude Closky.
    Jean-Luc blanc
    Bordeaux - CAPC. Musée d'Art Contemporain
    "Jean-Luc Blanc"
    Du 5 mars au 14 juin

    Prêt de la série de 9 dessins de Jean-Luc Blanc.

    Nils-Udo
    SAINT-SAËNS - Le Garage
    "Les joies de la nature"

    Du 13 février au 22 mars             Sujet incontournable de la peinture impressionniste, la nature peut également se révéler aussi riche que surprenante à travers le regard des photographes contemporains.
                                        
     
    Nicolas Moulin
    LE NEUBOURG
    Lycée agricole Gilbert-Martin
    "Perspectives"

    Du 2 février au 27 mars                       Si la perspective est au coeur des systèmes de représentations, les artistes savent aussi en jouer pour développer leurs points de vue.
    Magdi Senadji
    VAL-DE-REUIL
    Médiathèque Le-Corbusier
    "Magdi Senadji, Bovary"

    Du 4 avril au 3 mai                  Hommage et digressions autour du roman de Gustave Flaubert Madame Bovary par le photographe Magdi Senadji.
    Jana Sterbak
    SAINT-NICOLAS-D'ALIERMONT
    Musée de l'Horlogerie
    "Mythologies"

    Du 10 avril au 7 juin                            Présentation des oeuvres de Javier Pérez et de Jana Sterbak de la collection du Frac dans le cadre du Mois de l'image de Dieppe.
    Trafic Frac Haute-Normandie - 3, place des Martyrs-de-la-Résistance 76300 Sotteville-lès-Rouen
    Tél. : 02 35 72 27 51 - Fax : 02 35 72 23 10 - E-mail : frac.haute.normandie@wanadoo.fr
    Entrée libre du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h30 - Fermé les jours fériés
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