Pour
un guide édité par l’Agence Culturelle d’Alsace / Frac Alsace. Véritable outil pratique et pédagogique, ce guide aidera tout porteur de projet d’exposition à concevoir une présentation d’œuvre grâce aux conseils donnés sur la mise en espace, la relation au public, la communication, les droits d’auteurs… Pour réussir toutes vos expositions téléchargez le ici
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3 questions à Laure Bernard, professeur d’arts plastiques au collège Boieldieu de Rouen, qui participe régulièrement à l’opération "Une oeuvre dans un établissement".
En 2004, le Service des publics du Frac, en collaboration avec le Rectorat, a en effet mis en place un dispositif permettant aux collèges et aux lycées de la région Haute-Normandie d’accueillir une œuvre de la collection du Frac Haute-Normandie.
Selon vous, quel impact a sur les élèves ce face à face avec une “vraie” œuvre d’art ?
Aucun, s'il n'y a pas, justement, de travail pédagogique en amont et en aval : j'ai constaté que, de façon spontanée, les élèves "n'envisagent" pas la réalité de l'œuvre d'art. Elle est, au mieux, une décoration pour le collège ou pour les adultes du collège..., au pire, ils ne la voient même pas, bien que l'espace d'exposition soit un lieu relativement fréquenté par eux.
Après travail avec les élèves, l'œuvre est à la fois désacralisée et expliquée, ou rendue abordable : ils ont donc eu accès à une "vraie œuvre", qui "coûte cher", faite par un artiste "vivant aujourd'hui" à partir de laquelle on peut parler et tirer des sujets de réflexion somme toutes très proches de leur quotidien.
L'œuvre se révèle "parlante" après un temps nécessaire d'appropriation. Ce temps légitime la présence d'une œuvre "en vrai" dans leurs murs. On pourrait parler d'un impact "familiarisant" avec une œuvre d'art, éveillant dès lors la curiosité.
Est-ce que la présence de l’œuvre sur un temps long vous semble plus constructif qu’un simple moment de visite ?
La déterritorialisation de l'œuvre est constituante de cette appropriation : elle vient aux élèves en dehors des lieux institutionnels dont ils se sentent étrangers et devant lesquels ils restent inhibés. Il est donc nécessaire d'avoir à portée de regard sur un temps relativement long une œuvre qui en temps normal se dérobe.
Auriez-vous une anecdote, une remarque d’élève qui vous encourage à continuer cette expérience ?
C'est plutôt la bonne réception des œuvres et d'un cours "sur le motif " par les élèves qui est encourageante, ainsi que le renversement relativement rapide des résistances basiques (C'est de l'art, ça ? / C'est bizarre ! / C'est moche !...) en interrogations plus spécifiques (Qu'est ce que ça signifie ? / Qu'est ce que ça provoque ? / A quoi ça peut faire penser ? / Comment travailler à partir d'une problématique plastique dégagée ?...)
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