Les lampadaires de Claude Lévêque se sont éteints au coeur du bâtiment Trafic, mais d’autres lumières illuminent, en ces fêtes de Noël, les villes et villages de Haute-Normandie. À cette occasion, nous tenions à vous remercier pour votre fidélité comme à vous adresser tous nos vœux de meilleure année 2009. Que vous souhaiter d’autre que de partager avec nous, et pour une année encore, cette passion de l’art qui nous anime et qui a ce pouvoir fragile mais intense d’éveiller le regard et d’enchanter la vie. Notre prochain rendez-vous ? Le 23 janvier pour une de nos découvertes, David Saltiel, qui a conçu pour l’espace d’exposition du Frac Haute-Normandie une installation inédite.

Newsletter n°3 / Jan-Fév 2009

DAVID SALTIEL. le meilleur des mondes
Du 24 janvier au 8 mars
Dans le cadre du 10e anniversaire de l'installation du Frac dans le bâtiment Trafic, carte blanche à David Saltiel.

  • La rencontre avec David Saltiel le samedi 24 janvier à 14h au Frac Haute-Normandie
  • Les portraits d’artistes de la collection du Frac au Cinéma-musée le 3 février au Musée des Beaux-Arts de Rouen à 19h00
  • livre blanc

     

    Le livre pour enfant est un livre à part entière qui peut se révéler d’une richesse inouïe pour les grands comme pour les petits. Les artistes, de tout temps, s’en sont emparés, et il peut être considéré comme un moyen privilégié de sensibilisation à la création. En témoignent les actions du Service des publics du Frac Haute-Normandie que nous aurons l’occasion de vous présenter au cours de l’année prochaine. Pour aujourd’hui, notre coup de coeur sera « Blanc », un livre de David Pelham chez Milan Jeunesse qui nous parle d’animaux et de paysages à travers des « pop-up » éblouissants, ces systèmes extrêmement sophistiqués de découpages et de pliages de papier qui prennent du volume lorsque l’on ouvre les pages. Un voyage poétique tout de papier conçu qui se métamorphose de feuille en feuille. (prix public 24,90 €)

     

    livre blanc

     

    Visiteur régulier et attentif du Frac Haute-Normandie, Pascal Pillu, médecin généraliste, compte parmi les collectionneurs d’art contemporain rouennais. Nous lui avons demandé de dévoiler pour vous sa passion de l’art.

    Comment et pourquoi êtes-vous devenu collectionneur d’art contemporain ?
    Mon premier contact avec l’art date de ma terminale. Un passeur – mon professeur de philosophie – organisa une visite au Centre Georges-Pompidou à Paris ; devant un triptyque de Bacon un trouble se fit (Unheimlich). Ensuite, je me suis interrogé sur ce que j’avais vu et, animé de soif de connaissance, je me suis documenté sur son travail. Dès que mes moyens me l’ont permis, je suis devenu un « flâneur de l’art » : j’ai visité les musées des grandes villes d’Europe et des États-Unis, les grandes expositions et manifestations internationales (Documenta, Biennale de Venise, etc.).
    Tout naturellement, j’ai commencé à acheter des œuvres en 1995 ; j’aime vivre entouré d’objets qui soulèvent sans cesse des questions essentielles comme l’espace, le temps, le langage, l’imaginaire, la mémoire, l’identité, l’intériorité, etc. Cette quête d’art est sans fin, et elle mobilise sans cesse mon désir et donne sens au présent. Je m’aperçois incidemment que l’art me renvoie à mes propres préoccupations : désir de laisser une trace, défi de la mort… Jean Baudrillard a cette phrase : « collectionner, c’est aussi collectionner une part de soi-même ». Ma collection est une sorte de projection composite d’une image de moi.

    Vous semblez avoir une relation de très grande proximité avec les oeuvres de votre collection. Sont-elles toutes accrochées sur vos murs ?
    Lorsque je n’avais que quelques oeuvres, je pouvais encore les accrocher sur les murs de l’entrée, du salon, de la chambre à coucher… ; j’aimais pouvoir les regarder, poser la main dessus, en sentir la matière. Je me dis que Walter Benjamin a bien raison de prétendre que la collection privée est d’essence tactile ! Mais, à un moment donné – et il existe dans toute collection une telle part d’excès –, il devient nécessaire d’avoir une réserve pour cette part d’œuvres que la maison ne peut plus contenir. À ce moment-là, une autre dimension, un autre privilège merveilleux, apparaît : les oeuvres se trouvent hors de mon regard et je peux en oublier certaines. Du coup, cela me donne l’occasion de les redécouvrir, de retrouver de l’étonnement et de la surprise sur mes propres choix. Disons le d’une autre façon : pour qu’il y ait collection, il faut que le collectionneur ne soit plus tout à fait maître de sa collection !

    Aimez-vous également rencontrer leurs auteurs ?
    J’entretiens avec les oeuvres une relation de plus grande proximité. Je ne cherche pas à créer des liens avec les artistes, parfois je préfère ne pas les connaître ; j’ai peur que l’oeuvre y perde son intérêt ! De plus, la relation artiste/collectionneur est délicate et complexe : l’artiste n’en attend souvent que des opinions ou des achats…

    Leur avez-vous demandé des oeuvres spécifiques ?
    À travers mon engagement envers l’art, il m’a semblé en effet nécessaire de passer à une commande spécifique et d’afficher dans mon univers professionnel cette passion. J’ai donc souhaité partager une oeuvre avec mes patients. Didier Courbot, qui avait été présenté au Frac Haute-Normandie durant l’été 2000, fut choisi, car son travail sur l’espace et la parole me semblait pertinent pour cela. Toute la période de dialogue et d’élaboration de ce projet me procura un énorme plaisir, et une réelle prise de risque ! Accepter de ne pas avoir d’a priori, accepter qu’une idée se transforme ou d’y renoncer… Mais j’en étais porté par la nécessité. L’oeuvre habite maintenant mon cabinet médical, et stimule, oriente différemment le regard de certains patients sur l’art contemporain. Je leur offre parfois des clés de décryptage, la parole alors circule et ouvre ensuite sur la richesse intérieure de chaque personne. Je suis heureux de ce prosélytisme, de pouvoir susciter des rencontres, du partage …et pourquoi pas des vocations !

    Être collectionneur d’art contemporain à Rouen, est-ce un avantage ou un handicap ?
    Habiter Rouen est tout à la fois un handicap et un avantage. Handicap parce que Paris, comme les autres grandes métropoles, concentre la plupart des galeries et institutions qui m’intéresse. Avantage puisque que le paysage rouennais d’art contemporain existe enfin. Depuis 1998, avec l’installation du Frac à Sotteville-lès-Rouen et son programme d’expositions (notamment celle en hommage à James Lee Byars), le musée des Beaux-Arts de Rouen où Laurent Salomé a inauguré un programme régulier d’expositions dans la Galerie d’art contemporain, la Galerie Du Bellay, l’École Régionale des Beaux-Arts de Rouen ou la Galerie Jérôme Ladiray.

     

     

     


    Salomone
    Le Havre – Musée Malraux
    ”Sur les quais. Ports, docks et docker."
    18 oct. 2008 – 25 jan. 2009
    Prêt d'un ensemble de huit aquarelles d'Yvan Salomone.
    franckDavid
    Dôle – Musée des Beaux-Arts
    ”Regarde de tous tes yeux regarde”
    21 nov. 2008 – 22 fév. 2009
    Prêt de l’œuvre ”Paysage” de franckDavid
    Bohm
    Tourcoing – Musée des Beaux-Arts
    ”Pierre-Yves Bohm, rétrospective”
    6 déc. 2008 – 8 mars 2009
    Prêt de l’œuvre ”la Ville Gyps Kalo” de Pierre-Yves Bohm
    ragno
    Limoges – Frac Limousin
    ”Le couloir des miroirs”
    Samedi 7 février 2009
    Présentation de 7 vidéos de la collection du Frac Haute-Normandie

    Dorny 3
    Sotteville-lès-Rouen
    Médiathèque
    ”Hommage à Bertrand Dorny”

    Du 13 décembre 2008 au 17 janvier 2009
    Delaune
    Mont-Saint-Aignan
    IUFM
    ”Papier(s) Pluriel(s)”
    Du 27 janvier au 20 février 2009
    Veilhan
    Le Neubourg
    Lycée Agricole Gilbert-Martin
    ”Perspectives”
    Du 2 février au 27 mars 2009
    Wick
    Sotteville-lès-Rouen
    Maison pour Tous
    "Un artiste – Une classe"
    Du 7 au 28 février 2009
    Trafic Frac Haute-Normandie - 3, place des Martyrs-de-la-Résistance 76300 Sotteville-lès-Rouen
    Tél. : 02 35 72 27 51 - Fax : 02 35 72 23 10 - E-mail : frac.haute.normandie@wanadoo.fr
    Entrée libre du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h30 - Fermé les jours fériés
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